030010

EA 7462

territoires, urbanisation, biodiversité, environnement
+33 (0)298 016 124

Axes de recherche

Axe transversal : Pratiques, usages, trajectoires et représentations

<< Présentation générale
<< Axe 2. Invention et gestion des patrimoines

Fortement impliqué dans l’analyse des pratiques et des usages, tant dans les espaces bâtis que dans les espaces naturels et semi-naturels, notre laboratoire ne pouvait ignorer la manière dont les représentations exprimaient leur influence. Cette analyse confortait par ailleurs les travaux que nous menons sur les questions relatives à la participation citoyenne, inscrite dans les principes de la loi (tant à l’échelle nationale qu’européenne) mais dont la mise en œuvre est souvent difficile.

Lors de plusieurs travaux anciens, nous avons mené des observations et établi des modèles à partir desquels ont été révélés la réalité de l’inégalité des groupes dans les processus de participation, le déficit de démocratie interne dans les groupes d’intérêt et les phénomènes de notabilisation, voire de professionnalisation en leur sein. Dans tous les cas se pose, derrière les questions de participation, le problème de la rareté des ressources, qu’il s’agisse du foncier, des biens naturels, ou de l’accès. Les stratégies spontanées développées à l’égard de ces ressources sont orientées et souvent contrecarrées par une série de règles qui visent à préserver les transferts de propriété et les changements d’usage, et à réduire les captages de rente indus. Pour prendre la mesure des convoitises et, partant, comprendre les attitudes des acteurs dans la discussion, le laboratoire opère une mesure de la valeur économique étendue aux actifs non-marchands que sont, par excellence, les espaces naturels protégés : plusieurs recherches ont déjà été menées, pour le site patrimonial du Mont-Saint-Michel, pour quelques espaces littoraux et plus récemment pour l’estuaire de la Loire. Différentes techniques — l’évaluation contingente, les prix hédonistes… — sont utilisées, confrontées et critiquées afin d’en vérifier la pertinence et d’envisager la construction d’indicateurs synthétiques, capables d’agréger des critères économiques, écologiques et sociaux. Au-delà de cette évaluation, le laboratoire mènera quelques actions de recherche qui devront intégrer une lecture dynamique des phénomènes observés, qu’ils touchent l’échelle des espaces (urbanisés ou naturels), l’échelle des écosystèmes ou l’échelle des sociétés. Un raisonnement prenant en compte la trajectoire d’évolution nous semble une démarche à privilégier.

Politiques, gouvernance et régulations

Dans un premier temps, nous entendons réfléchir à l’influence des politiques publiques sur la gestion des espaces naturels, de l’eau, des ressources renouvelables, de l’urbanisme et de l’habitat. Il s’agira d’interroger la manière dont les objectifs sont fixés et les moyens qui permettent de vérifier l’avancée vers les objectifs. Mais une autre étape de cette analyse est le travail que nous devons opérer sur les acteurs qui décident des objectifs et engagent ensuite la gestion. Ainsi, nous souhaitons analyser leurs stratégies, par exemple quand il s’agit de d’organiser l’implantation des services, ou quand il faut définir des moyens de lutte contre les inégalités. À partir des diagnostics, obtenus en nous appuyant non seulement sur la Bretagne, mais aussi sur d’autres exemples, nous pourrons envisager les processus de différenciation des territoires. Dans cette optique, il semble important d’approfondir la réflexion à propos des pratiques et des espaces récréatifs dans la ville et dans les espaces de nature : la place de la dimension récréative n’a cessé de croître car elle relève simultanément de la dimension touristique et de la dimension ludique et ludo-sportive.

Quelles sont les fonctionnalités, les pratiques d’aménagement et les formes d’équipements que suscite l’aménagement, et en particulier, l’aménagement cette orientation récréative ?  Nouvelles orientations du tourisme urbain et de nature, forme de gouvernance dans les espaces récréatifs, analyse des usages différenciés qui en sont faits… sont quelques-uns des thèmes qui pourront être développés. Les pratiques nautiques, au carrefour des domaines touristiques, sportifs et ludiques seront en particulier une des principales illustrations.

Jeux d’acteurs

Les politiques d’aménagement questionnent la multiplicité des acteurs en présence et les manières de faire ensemble. Ce sont les ménages, les entreprises du bâtiment et acteurs publics, qui ont en charge les politiques du logement, l’expression de la demande, et le processus de production. Ces politiques inventent et expérimentent des outils ou des démarches destinés à élaborer une culture commune de l’aménagement. Dans notre recherche, nous voulons comprendre comment les acteurs se représentent ces démarches et ce qu’ils en font : en quoi leur mobilisation et la manière dont elle s’élabore éclairent-elles le mode de production de la règle du jeu urbain ?

Les thématiques suivantes seront abordées :
— quelles sont les stratégies et les pratiques résidentielles et les déclinaisons du « faire » des ménages ?
— quel est le rôle des acteurs privés dans la production du logement et dans la construction des outils et politiques de l’aménagement ?
— quelle est la place de la concertation entre acteurs publics et acteurs privés dans l’élaboration des politiques locales de l’habitat ?

Quelques thèmes seront particulièrement investis dans le prolongement des derniers travaux du laboratoire. Ainsi, nous interrogerons la sensibilité des acteurs à l’environnement et ses effets au travers de textes, d’articles de journaux, de comptes rendus, et d’observations directes, sur les territoires où nous menons des programmes de recherche (estuaire de la Loire, pays de Brest).

Nous entendons enfin prolonger le travail d’investigation des sites web territoriaux. L’intérêt de cette recherche est double : il s’agit à la fois de comprendre comment les acteurs locaux se saisissent des technologies d’information et de communication dont l’intérêt potentiel est de s’affranchir des hiérarchies et de créer de nouvelles relations qui dépassent les héritages administratifs, les proximités géographiques ou institutionnelles ; il s’agit aussi d’un intérêt méthodologique pour lequel nous recourons à des logiciel d’analyse de réseaux, adaptés à l’analyse de corpus de données massives.

Application sur les espaces littoraux

Finalement, notre recherche sera complétée par un projet transversal et fédérateur sur les marais salés. Nous retiendrons particulièrement le territoire clé de la baie du Mont-Saint-Michel et ses bassins versants. Ce territoire correspond à l’héritage des compétences et des thématiques scientifiques des chercheurs de l’équipe, sur les aspects écologiques et fonctionnels, et sur les aspects économiques et patrimoniaux. Les enjeux liés à l’aménagement de ce territoire sont multiples et concernent le patrimoine, les risques de submersion marine, l’agriculture, l’urbanisation, le tourisme… Ils ont pour source potentielle de perturbation les programmes de requalification du site, mais aussi les risques climatiques globaux.

Situé à l’interface terre-mer, la baie du Mont Saint-Michel concentre l’ensemble des compétences et des thématiques de l’équipe. Ayant fait l’objet de nombreux travaux du laboratoire, les évolutions de la baie sont déjà bien renseignées. Ces données périodiques existantes n’en seront que plus précieuses pour étudier la trajectoire d’évolution sur le site. Les objets principaux de ce projet concernent l’évaluation patrimoniale et environnementale, la gestion et la restauration. Les problématiques liées à la résilience des habitats de marais salés, perçue à travers des mesures de dépoldérisation (approches structurales, fonctionnelles et socio-économiques) ainsi que sur les causes et conséquences du phénomène de continentalisation des marais salés seront plus précisément développées. Une approche comparative avec d’autres sites pilotes et une collaboration internationale sont envisagées.

Les objectifs généraux poursuivis seront d’améliorer la connaissance globale de la baie du Mont-Saint-Michel en précisant les différents services écosystémiques du territoire, en évaluant les enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Une approche diachronique, qu’autorise le matériau déjà recueilli, nous permettra de mesurer les effets respectifs des aménagements réalisés (en particulier au xxe siècle) et des changements globaux. Enfin, la mise en œuvre de ce projet permettra de renforcer les capacités d’expertise et d’ingénierie écologique déjà mises en œuvre par les deux équipes, pour répondre à la demande des acteurs locaux et des gestionnaires.

0 http://www.geoarchi.net/ajax