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EA 7462

territoires, urbanisation, biodiversité, environnement
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Le mois des thèses

Les soutenances de 2018

JJusqu’à la fin du mois de décembre, pas moins de six soutenances sont au programme du laboratoire. Du paysage végétal aux territoires périurbains, trois ans de travaux approfondis synthétisés en quelques heures : les soutenances sont publiques, venez vous instruire !


6 novembre 2018
Entre conservatisme et modernité.
L’appareil commercial, en territoires périurbains et ruraux à l’ombre d’une ville moyenne : Saint-Brieuc

Iwan Le Clec’h
Faculté Victor-Segalen, salle des thèses, 8h30

Jury
Nathalie Lemarchand (rapporteure) Professeure de Géographie, Université de Paris 8
Jean Soumagne (rapporteur) Professeur émérite de Géographie, Université d’Angers
René-Paul Desse Professeur de Géographie, UBO
Arnaud Gasnier Maître de conférences de Géographie HDR, Université du Mans
Lionel Prigent Professeur d’Urbanisme, UBO

Le développement de l’hypermobilité dans les territoires périurbains et ruraux situés à l’ombre des villes moyennes bretonnes génère de nouveaux besoins de la part des consommateurs en matière de réalisations d’achats. Les commerçants, en premier lieu la grande distribution qui se développe dans ces espaces, vont donc essayer d’apporter une réponse à ces demandes. La tendance y est donc à la transformation des supermarchés en petits hypermarchés dans les périphéries des principales localités et à la diffusion des drives aux principaux carrefours. Cet essor du commerce de transit favorisé par les politiques des communes et de leurs intercommunalités en matière de créations de zones commerciales périphériques contribue à fragiliser encore plus les magasins des centres des petites villes et des bourgs déjà pénalisés par leurs positions géographiques et le manque d’innovation de leurs gérants.
Les pouvoirs publics vont donc être confrontés à des problématiques de désertification commerciale. Dans les petites villes les réponses s’effectueront par la mise en place de politiques contractuelles entre la Municipalité, l’intercommunalité, la Région voire, dans des cas plus exceptionnels, l’État. Confrontées au mille-feuille administratif, les autres communes ne bénéficieront bien souvent d’aucune aide lors de la réalisation de leurs actions. Ainsi, dans les gros bourgs, se sont des opérations menées en régie qui permettent, dans les couronnes les plus rurales, de maintenir un appareil commercial composé du trinôme café – boulangerie – supérette, ou à proximité du pôle urbain de le développer en y permettant l’implantation de nouveaux magasins. Dans les communes les plus rurales, plus isolées mais aussi moins peuplées, les Municipalités, parfois aidées de citoyens–consommateurs vont œuvrer pour la sauvegarde du dernier bar du bourg grâce à la création de multiservices communaux.


30 novembre 2018
Biologie et écologie d’une population isolée.
Exemple d’Eryngium viviparum et perspectives pour sa conservation en France.

Pauline Rascle
Télé-amphithéâtre, pôle numérique, 24 rue du Bouguen, 14h00

Jury
Armin BISCHOFF (rapporteur), IMBE, Université d’Avignon
John THOMPSON (rapporteur), DR CNRS, CEFE, Montpellier
Irène TILL-BOTTRAUD (examinatrice) DR CNRS, GEOLAB, Clermont-Ferrand
Frédéric BIORET (directeur de thèse), Professeur des universités, UBO
Sébastien GALLET (co-directeur de thèse), Maître de conférences, UBO
Sylvie MAGNANON (invitée), Conservatoire botanique national de Brest
Éric IMBERT (invité), Maître de conférences, ISEM, Université de Montpellier II

L’isolement géographique est une menace élevée pour le maintien des populations sur le long terme. Il est donc primordial de comprendre selon quel degré la viabilité des populations est affectée par leur isolement, notamment en vue de définir des priorités en terme de conservation.
Eryngium viviparum J.Gay (Apiaceae) est une des espèce végétale les plus menacées d’Europe avec une distribution ibéro-armoricaine très fragmentée. En France, son statut de conservation est devenu particulièrement critique avec la disparition de la presque totalité de ses populations au cours des années 1980, à l’exception d’une seule, suite à la destruction de son habitat par les activités humaines. Cette unique population fait depuis plusieurs années l’objet d’une conservation et d’une gestion attentives au sein d’une réserve protégée. Malgré ces actions, l’isolement de cette population soulève des interrogations quant à sa viabilité sur le long terme.
Dans ce cadre, et à travers une approche multidisciplinaire, la thèse propose un renforcement des connaissances sur les caractéristiques écologiques et biologiques d’E. viviparum, et plus particulièrement concernant sa dernière population française.
Elle s’articule selon trois axes principaux :
(1) L’étude de l’amplitude écologique de l’espèce, puis la caractérisation de ses préférences écologiques à fine échelle au sein de la dernière population française.
(2) L’évaluation de la viabilité de la population isolée d’après ses paramètres démographiques, son niveau de diversité génétique et son degré de différenciation avec d’autres populations.
(3) L’expérimentation des modalités de réintroduction en France.
Les résultats apportés par ce travail contribueront à définir les prochaines priorités en matière de gestion et de conservation pour assurer le maintien d’E. viviparum sur le long terme en France.
Le cas d’E. viviparum fournit un bon modèle d’étude pour évaluer l’effet de l’isolement sur la dynamique d’une population isolée et pour appliquer une conservation adaptée à cette problématique.


le plan de Cerdá pour Barcelone

Verbatim

11 décembre 2018
La nature urbaine selon Ildefonso Cerdá.
De « l’idée urbanisatrice » à « l’urbanisation ruralisée ».

Nicolas Tocquer
Faculté des Sciences, 6 avenue Le Gorgeu, Amphithéâtre F, 14h00

Jury
Jean-Lucien Bonillo, Professeur à l’École nationale d’architecture de Marseille
Jean-Pierre Frey, Professeur émérite des universités, École d’urbanisme de Paris
Daniel Le Couédic, Professeur émérite des universités, Université de Bretagne Occidentale
Lucie K. Morisset, Professeure, Chaire de recherche du Canada en Patrimoine urbain, Université du Québec à Montréal
Danièle Voldman, Directrice de recherche émérite, CNRS

« L’urbanisation ruralisée », présente dès les premiers écrits d’Ildefonso Cerdá (1815-1876), occupe dans son œuvre une place grandissante, au point de faire l’objet d’un traité qui ne nous est malheureusement pas parvenu. A travers ce concept, l’ingénieur catalan, connu pour son plan d’extension de Barcelone, entend d’une part, dans une perspective hygiéniste, assainir la ville en y systématisant les espaces verts, d’autre part penser l’extension urbaine et désenclaver le territoire espagnol par le biais d’une urbanisation totale où la frontière entre villes et campagnes disparaîtrait. La présente thèse retrace la genèse de cette notion en revenant sur le parcours de Cerdá, sur l’émergence de ce qu’il appelle lui-même « l’idée urbanisatrice » et sur la manière dont elle fut mise en œuvre à Barcelone, sous la forme si caractéristique du quartier de l’Eixample. En voulant adapter la ville contemporaine aux exigences de la société industrielle, dont l’essence est le mouvement, Cerdá emprunte la « voie romaine » en puisant son inspiration dans l’Antiquité : l’organisation territoriale qu’il préconise, basée sur l’étalement urbain, l’habitat dispersé, l’orthogonalité et l’homogénéité de l’espace – ce que recouvre précisément la notion d’« urbanisation ruralisée » – réactualise en effet les modèles antiques d’occupation et de colonisation de l’espace. L’analyse de ce concept invite donc à porter un nouveau regard sur Barcelone et sur son extension, certes synonyme de modernité voire de modernisme, mais dont les principes viennent paradoxalement de la campagne et du passé. L’évolution de « l’idée urbanisatrice » vers « l’urbanisation ruralisée » étant particulièrement perceptible dans les deux premiers livres de la Théorie générale de l’urbanisation (1867), une traduction en est proposée en annexe, afin de permettre au lecteur francophone d’éprouver par lui-même la richesse d’une pensée encore largement méconnue.


14 décembre 2018
Paysage végétal et modèles des systèmes estuariens atlantiques français

Kevin Cianfaglione
Faculté des Sciences, 6 avenue Le Gorgeu, Amphithéâtre F, 14h00

Jury
Vasile CRISTEA, Professeur, Université de Cluj Napoca (Roumanie), rapporteur
Mercedes HERRERA, Professeur, Université de Bilbao (Espagne), rapporteur
Franco PEDROTTI, Professeur émérite, Université de Camerino (Italie), examinateur
Sébastien RAPINEL, Dr, Université de Rennes 2, examinateur
Arnault LALANNE, Dr, chercheur associé EA 7462, UBO, examinateur
Directeurs de thèse :
Roberto CANULLO Professeur, Université de Camerino (Italie)
Frédéric BIORET, Professeur des universités, UBO

Les estuaires sont constitués d’une vaste mosaïque d’habitats naturels et semi-naturels. L'objectif de cette thèse est d'étudier les végétations et les paysages végétaux des systèmes estuariens atlantique en France, en essayant de comprendre le fonctionnement et les schémas de distribution des différentes unités de végétation. La présente étude tente de mettre au point un modèle théorique commun de fonctionnement et de gradients écologiques, afin de compléter la classification et la connaissance écologique des estuaires, et une aide au suivi et à l’évaluation de l’utilisation des sols, des impacts humains, en développant un modèle spatio-temporel prédictif fondé sur la végétation réelle et potentielle, et en utilisant l'approche dynamico-caténale. Dans 8 estuaires sélectionnés, nous avons effectué des travaux sur le terrain pour une superficie totale de 98 315 ha, mettant en évidence 2 séries de végétation et 4 géopermaséries, correspondant à 131 associations végétales, 60 alliances, 43 ordres et 28 classes. Nous avons cartographié la végétation de trois estuaires représentatifs, ce qui represente une superficie totale de 74 433 ha. Un schéma synthétique des paysages végétaux estuariens est proposé, en intégrant les gradients géographiques et écologiques et les formes géomorphologiques.


18 décembre 2018
Typologie, cartographie et évaluation des impacts anthropiques
des séries de végétation forestière du massif armoricain

Aurélie Chalumeau
Faculté des Sciences, 6 avenue Le Gorgeu, Amphithéâtre F, 14h00

Jury
Directeur de thèse
Frédéric BIORET, Professeur des universités, UBO, Co-directeur de thèse
Arnault LALANNE, Dr, chercheur associé EA 7462, UBO, Rapporteurs
Franco PEDROTTI, Professeur émérite, Université de Camerino (Italie), invité
Carlos PINTO GOMES, Professeur, Université d’Évora (Portugal), invité
Fabienne BENEST, Institut national de l’Information Géographique et Forestière
Christian GAUBERVILLE, E.R. (précédemment à l’Institut pour le Développement Forestier)

Les premières utilisations des forêts par l’homme remontent au paléolithique ; depuis l’homme n’a cessé de modifier le couvert forestier. Après une introduction sur l’histoire de l’usage anthropique des forêts, trois questions de recherches sont posées :
1- Quelle est la composition des paysages forestiers ?
2- Comment se répartit le paysage végétal forestier ?
3- Comment peut-on évaluer l’impact des interventions humaines sur le paysage végétal forestier ?
Le territoire d’étude est le Massif armoricain, territoire le moins boisé de France avec de grandes surfaces agricoles.
Cette recherche s’inscrit dans le programme national de cartographie des végétations naturelles et semi-naturelles de France (CarHAB) initié en 2010 par le ministère de la Transition écologique et solidaire, suivant une approche dynamico-caténale. La symphytosociologie et géosymphytosociologie s’intéressent à la fois aux aspects dynamiques (séries) et à l’intégration spatiale des communautés à différentes échelles (géoséries), et sont donc particulièrement adaptées à l’étude des écocomplexes forestiers.
Une typologie des séries et des géoséries de végétation forestière du Massif armoricain est proposée.
Une cartographie de la végétation actuelle (VA) et de la végétation potentielle naturelle (VPN) est réalisée sur des sites représentatifs du territoire d’étude.
Enfin, une étude diachronique sur le massif d’Andaine (61) permet d’évaluer l’impact des activités humaines passées, actuelles, et de simuler l’évolution future du massif forestier. Ces informations, couplées à la carte de la VPN du site, permettent, de formuler des préconisations de gestion et de fournir aux gestionnaires un outil pour se rapprocher de la VPN, tout en conciliant une exploitation multifonctionnelle du site.


21 décembre 2018
Culture biotechnologique d’halophytes
et orientation de leur métabolisme vers la production de molécules actives
pour l’industrie

Clément Lemoine
Faculté des Sciences, 6 avenue Le Gorgeu, Amphithéâtre F, 14h00

Jury
Nathalie BOURGOUGNON, Professeur, Université de Bretagne Sud, rapporteure
Benoit SAINT PIERRE, Professeur, Université de Tours, rapporteur
Manuelle BODIN, Chargée de Recherches, Vegenov – BBV, examinatrice
Solène CONNAN, Maître de Conférences, UBO, examinatrice
Gilbert CHARLES, Maître de Conférences, UBO, examinateur
Christian MAGNÉ, Professeur, UBO, Directeur de thèse
Xavier DAUVERGNE, Maître de Conférences, UBO, invité
Cécile ORSONI, Gérante, SAS SALIPOUSS, invitée

Les plantes halophiles sont des plantes résistantes au stress salin, qui subissent une grande variété de stress dans leur environnement naturel. Ces conditions les ont mené à synthétiser des molécules de défense, qui peuvent présenter des activités biologiques intéressantes de par leur structure et leur diversité.

Dans le cadre d’une collaboration avec la PME Salipouss, trois espèces ont été choisies sur la base de tests antioxydants préliminaires, avec pour objectif d’optimiser la multiplication de plants in vitro pour des cultures industrielles en serre et d’améliorer le niveau d’activité de leurs extraits. La diversité des composés potentiellement actifs présents dans ces extraits est ensuite analysée par fractionnement bioguidé, afin d’isoler des molécules valorisables. Ce fractionnement est appuyé par des analyses de composés par RMN, permettant d’obtenir des informations sur la structure des composés bio-actifs. Les résultats obtenus montrent le fort potentiel de valorisation de ces trois espèces dans l’industrie, et plus particulièrement dans la nutrition et la cosmétique.

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